Quelques titres des oeuvres proposées. Première série : membranes ; autre série : peaux décollées, peau de peintures ou ‘‘il faut que ça colle’’. Mais aussi, titre d’une oeuvre : eye liner bleu, vernis à ongles rouges, fond de teint anti-tache ou ‘‘tête-à-tête’’. On pourrait dire : colle de peau, oeufs (on disait tempera), cire, vernis divers, pigments. Les pigments colorent la peau humaine, la paroi de la caverne (naissance de l’art), les tissus du vêtement, la surface de la toile. La peau fait métaphore en peinture, la peinture développe la peau : métonymie.
Le journal de peinture :
Ce volume à lire comme un journal. Sur les pages, les traces de peintures et d’installations. Des surfaces qui reçoivent la couleur ou se déploient dans l’espace. De I’intime mais ramené en surface. Pas à proprement d’intériorité à explorer. Une oeuvre s’appelle ‘‘écran total’’ : comme si l’intérieur se donnait et se refusait. Intérieur/extérieur, c’est I’aporie même de la peau, celle aussi de la peinture. N’allons donc pas chercher derrière, contentons-nous d’écrire sur la peau.
Daniel Boitier
Texte écrit par : Daniel Boitier, Bruno Dubergel, Sandrine Maisonneuve